16 mois, 24 jours, 8 heures

C'est l'écart entre la naissance de l'Aventurier et celle de notre Merveille.
Ce n'était absolument pas prémédité, mais quand même un peu. Je m'explique. Apres plus de 3 ans d'un parcours médical assez désespérant en terme de résultat, mon ovulation revient, je tombe enceinte en C2. Durant ma grossesse, j'ai honte mais je pensais déjà au deuxième, je me demandais quand arrêter la contraception et je m'étais dis que je ne dirai pas non à deux petits bouts très rapprochés, genre de 18 à 24 mois d'écart. Déjà, parce que bon, ça avait l'air vraiment pratique les enfants rapprochés (LOL), ensuite parce que je n'ai eu de complicité avec ma soeur qu'une fois toutes deux devenues adultes (nous avons 5 ans et demi d'écart), et enfin parce qu'à titre professionnel, c'était bien plus pratique également (et cette dernière raison est largement confirmée par mes collègues femmes à leur compte qui expérimentent le deuxième Avec quatre ans d'écart).

Après la naissance de l'Aventurier, Brad était prêt à recommencer 4 mois après. Sont pas biens ces mecs… perso, j'ai commencé à y penser lorsqu'il a eu 7 mois environ, il faisait ses nuits depuis un ou deux mois, et meme s'il a toujours été un bébé "très tonique" (comprenez très remuant, à vouloir grimper partout), faut croire qu'on était très motivés (ou fous). On en a parlé. Je n'étais pas prête à envisager de suite la PMA. On a décidé d'arrêter la contraception, et puis on referait le point dans 6 mois. Et La Merveille s'est installée de suite (merci la Vie).

Voilà, voilà. Donc presque 17 mois d'écart, comment c'est ?

Je pense que c'est moins fatigant que des jumeaux, mais vraiment, un ou deux bébés à gérer, ce n'est pas du tout la meme chose. En fait, un, même un Aventurier, c'était easy. Surtout quand on est deux parents investis à part à peu près égales (mon admiration éternelle envers toutes mes amies maman solo d'un voir de deux enfants).

17 mois d'écart c'est à la fois génial et complètement dingue. Je me vois encore un bébé au sein, courir après l'Aventurier qui avait trouvé une bêtise à faire. Je nous vois encore à nous demander quand la vie redeviendrait "normale". Et puis, petit à petit, tout rentre dans l'ordre. C'est toujours très fatigant, les journées sont longues, mais c'est possible. Il faut cependant avoir un moral d'acier et de chouettes copines. C'est primordial.

Nous ne sommes pas des gens particulièrement organisés, mais je dirai que ça s'apprend. Et avoir deux enfants rapprochés m'a permis de travailler sur moi : être moins perfectionniste, savoir lâcher prise, tout ne peut pas être parfait, ni moi, ni ma façon de les élever (mes gosses par contre sont assez proche de la perfection, évidemment).

Et enfin, quel bonheur de les voir grandir ensemble et interagir, de sentir une complicité naissante et voir des échanges d'amour entre ces deux tous petits êtres (cui-cui les oiseaux bonjour !).

Et comme dans tout, l'important, c'est pas vraiment comment on s'en sort, c'est plutôt l'amour qu'on leur donne et qu'ils nous rendent bien.

Si vous souhaitez me parler de vos désirs en terme de fratrie ou votre propre expérience, ce sera avec plaisir. Je pense que tous les écarts d'âge sont super chouettes en fait, il y a vraiment des avantages et des inconvénients à chaque situation. Et à ce propos, un seul enfant également c'est assez génial pour plein plein de raisons.

J’ai tout lu le Filliozat

Avec La Reine et Madame Ourse, on s’est donné comme défi de lire les conseils de Mme Filliozat face à nos futures terreurs en puissance. Pas qu’on soit des adeptes de la bienveillance, de l’éducation positive ou autre courant d’éducation culpabilisant, mais en ce qui me concerne, tout conseil est bon à prendre si c’est pour éviter les crises du Terrible Two. Car oui, le Deuzans est dans la place. Y’a pas à chier.

Je parle de courant d’éducation culpabilisant pas parce que je le dénigre, mais bien parce que c’est ce que je ressens. À lire tous les messages pro-éducation positive-bienveillance-et-tuttiquanti, si tu t’énerves, si tu cries, si tu « grondes », pire, si tu punis ton enfant, ce n’est pas la bonne méthode. C’est bien ce que les messages sur les réseaux sociaux et la société actuelle semblent nous dire. Du coup, si tu n’es pas sure de toi, du message que tu souhaites faire passer à ton enfant ou de la « bonne méthode », et bien tu culpabilises.

J’ai culpabilisé. Énormément. De m’énerver sur Petit Bout (que l’on appelle désormais l’Aventurier, pour des raisons qui semblent évidentes). De faire comme je faisais. Sans modèle pré-défini, à ma façon. Et puis non. Si j’ai bien appris un truc, un seul, et qui me semble évident, c’est que ma façon d’éduquer mes enfants n’est peut-être pas la « bonne », mais en tous cas c’est celle qui me convient, celle qui fonctionne pour éviter que l’Aventurier ou la Merveille ne se transforment en enfants rois, et en même temps, pour ne pas les brimer, les vexer, les punir inutilement. Bref, je fais à ma façon, c’est à dire comme je le ressens, et avec quelques principes fondamentaux.

Toutefois, je suis extrêmement ouverte sur toute méthode pour diminuer le nombre de prises de têtes ou de moments quelques peu désagréables avec l’Aventurier (lequel, en plus d’être un aventurier est désormais une sacrée pipelette) et je me suis mise à lire « J’ai tout essayé » d’Isabelle Filliozat.

Qu’en ai-je pensé ?

En résumé, j’ai apprécié sa lecture (très facile à lire, rapide, et petit), et je trouve que c’est comme tout : il y a à prendre et à laisser. En gros, c’est plutôt instructif mais également complètement perché et utopiste à la vie réelle (en tous cas, à ma vie).

 

Plus dans les détails, qu’en ai-je vraiment pensé ? 

En premier lieu, je me suis marrée. Surtout quand on me dit de laisser se diffuser dans ma poitrine  et dans le reste de mon corps l’amour que je porte à mon enfant puis d’accueillir dans la paume de ma main l’amour que mon enfant me donne. Moui, moui, moui…

Parfois, les conseils et méthodes de faire sont vraiment perchés. Par exemple, si votre enfant n’a pas envie d’aller à l’école, rien ne sert de le forcer. Il suffit de lui expliquer qu’ok, aujourd’hui, il n’ira pas à l’école, mais que demain, il faudra bien. Alors, sur le principe, je dis « pourquoi pas ? ». Sauf que concrètement, je fais comment ? J’ai beau être à mon compte et organiser mon temps de travail un peu comme je le veux (en fait pas vraiment, mais bon), il faut que je bosse. Et Brad également. Et les grands-parents ne sont pas toujours à portée de main. Bref, concrètement, les impératifs organisationnels et logistiques empêchent complètement ce genre de chose.

Il ne « faut » pas non plus dire « c’est bien à enfant ». De la même manière, honte à vous, vous qui applaudissez à tout rompre votre progéniture parce qu’elle s’est mise debout ou a empilé deux cubes. Vous ne véhiculez pas les bons messages, retenez-vous que diable !

Madame Filliozat conseille également d’essayer le « Stop » plutôt que le « non ». Me rappelle plus bien pourquoi (je l’ai lu y’a longtemps), mais son explication m’avait séduite. J’ai essayé. D’ailleurs, je le faisais déjà intuitivement (je suis une méga bonne mère). Résultat : NEANT. Sauf que l’Aventurier qui est dans sa période du « non-non-non » ne dit malheureusement pas « stop-stop-stop ». Ce serait pourtant plus drôle.

Cela étant, j’ai trouvé deux choses super utiles et qui, sans vouloir faire la groupie, m’ont tout de même pas mal apportées au quotidien et dans ma façon de voir les choses :

  1. Elle décrit tout ce qu’il se passe dans la tête de l’enfant face à une situation donnée et selon son âge. Le ton est un peu « donneur de leçon » car elle s’adresse à nous en parlant à la place de l’enfant et j’ai trouvé ça assez désagréable voir gênant, mais abstraction faite de la forme, le fond est pas mal du tout. Un exemple tout bête : l’enfant n’a pas la notion du temps. Quand tu lui dis « on va passer l’aspirateur dans 20 minutes » (je prends cet exemple car cela m’est arrivé et que l’Aventurier est un fan absolu du passage d’aspirateur), il ne comprend pas « dans 20 minutes », et il s’agrippe à ta jambe en hurlant « aspirateuuuuur » jusqu’à ce que tu sortes l’aspirateur de sa cachette et que tu le branches (comment ça l’Aventurier est bizarre ?). C’est exactement le genre de choses que j’aurais pu faire ou que j’ai fais mais n’ai pas reproduit en me rappelant qu’effectivement, rien ne servait à annoncer quelque chose si ce n’est pas immédiatement-tout de suite. Avant un certain âge bien sûr. Désormais, l’Aventurier a compris ce qu’était l’après-midi ou le soir, c’est un génie ce gosse ! (« L’après-midi on va à la plage et le soir on prend l’apéyo »).
  2. Madame Filliozat dit un truc in fine qui m’a beaucoup marqué. Et que je trouve très vrai. Nos parents nous disent souvent que nous n’étions pas aussi turbulents ou qu’on faisait beaucoup moins de « crises » que les enfants d’aujourd’hui. J’entends ça à longueur de temps. Et bien sachez d’abord que nos parents ne se souviennent plus de toute cette période et qu’ils n’ont (fort heureusement pour nous !) retenus que les bons moments. C’était tout de même, pour les plus chanceux d’entre nous, il y a plus de 30 ans. Il s’en passe des choses en 30 ans. Et justement, oui, il s’en passe des choses en 30 ans : les enfants d’aujourd’hui sont exposés, qu’on le veuille ou non, à tout un tas de choses qui n’existaient pas il y a 30 ans : les écrans, les bruits, les gros jouets sonores, ils sont sur-sur-sur-stimulés à la crèche, chez la nounou, chez les copains, par les parents, les grands-parents, marraines, oncles et tantes. Bref, face à autant de stimulation, les enfants, tout petits, ont un besoin de décharger leurs émotions. Et cela passe parfois par un roulage par terre en mode cochon hurlant (oui, l’Aventurier s’est déjà roulé par terre en mode cochon hurlant. Il s’est même allongé par terre dans un magasin. Comme ça, pour le plaisir. Le sien, bien sûr).

 

Je ne préfère pas vous en dire plus, il y aurait 100 000 passages qui mériteraient mes commentaires et d’ailleurs les commentaires de chaque parent selon son expérience ou son vécu.

Ce que j’en retiens cependant c’est que de prime abord, pas mal d’évidences sont énoncées comme la non-violence ou des comportements ou conseils qui me paraissent être seulement du bon sens. Toutefois, en poursuivant la lecture, on peut peut-être comprendre un tout petit peu mieux ce qui se passe dans la tête de notre enfant, voir adopter un ou deux conseils pertinents. Mais cet ouvrage est à mon sens surtout utile pour voir un autre point de vue, s’ouvrir à un autre point de vue, avoir d’autres pistes lorsque notre méthode ne fonctionne pas, d’autres façons de faire parfois (ou pas).

Et tout comme l’auteur de cet ouvrage, tout comme La Reine également, je suis persuadée que du moment qu’il y a de l’amour dans l’éducation que l’on donne  à notre enfant, tout devrait bien se passer.